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Interpellation de Mr Crucke à la Commission parlementaire.

5.6 Question de M. Jean-Luc Crucke à Mme Marie-Dominique Simonet, ministre de l’Enseignement obligatoire et de promotion sociale, intitulée « Apprentissage de la culture dans la langue cible en immersion »

M. Jean-Luc Crucke (MR). – Une étude de Mme Charlotte Vandersmissen, linguiste à la VUB, démontre de manière claire et précise que la pédagogie d’enseignement en immersion est nettement plus performante chez les élèves pour qui l’apprentissage de la lecture s’effectue dans la langue cible et qui transfèrent ensuite leurs connaissances vers la langue maternelle. Cette étude valide les propos du professeur Braun de l’Université de Mons voici quelques années. À l’occasion d’une expérience menée dans ma commune, il avait en effet affirmé qu’il fallait choisir une langue plus accessible, comme le néerlandais, pour apprendre l’écriture et que le transfert se ferait très naturellement vers une langue plus complexe comme le français. À l’époque, il s’est heurté à certaines réticences de la part des parents.

Avez-vous pris connaissance de cette étude, madame la ministre ?

Disposez-vous d’autres informations corroborant la thèse de Mme Vandersmissen qui, contrairement à l’inspection générale, dit énormément de bien de l’immersion ? Elle établit en effet une comparaison entre la Flandre et la Communauté française, et souligne l’utilité du choix de notre communauté. Quelle analyse faites-vous de cette étude ?

Enfin, pouvez-vous nous indiquer le pourcentage d’écoles ayant fait ce choix pédagogique ?

Mme Marie-Dominique Simonet, ministre de l’Enseignement obligatoire et de promotion sociale. – L’étude à laquelle vous faites allusion, monsieur le député, a été réalisée dans une école wallonne pratiquant l’enseignement en immersion. Il s’agit d’un mémoire de fin d’études. Ce n’est donc pas une thèse.

Mme Vandersmissen, étudiante en linguistique, a comparé les résultats des élèves francophones qui apprennent à lire en néerlandais et ceux des enfants qui apprennent à lire en français. Il en ressort que les élèves francophones apprenant à lire d’abord en néerlandais maîtriseraient la lecture mieux que ceux qui commencent l’apprentissage en français.

Ces résultats sont en effet en phase avec une thèse élaborée par son professeur et maître de mémoire, M. Piet Van de Craen de la VUB, qui insiste sur les avantages de l’apprentissage précoce des langues pour l’évolution du cerveau de l’enfant, ce qui est un autre débat, certes fort intéressant.

Cependant, il faut bien définir ce que l’on entend par « bon lecteur ». Le fait de « savoir lire » ne se limite pas au décodage des mots, comme l’indique d’ailleurs Mme Vandersmissen dans son étude. Elle n’a pris en considération que des enfants débutants. L’étude se focalise donc sur le stade du décodage, où l’on apprend à reconnaître les lettres et les phonèmes, et à retrouver les mots. C’est évidemment important mais l’apprentissage de la lecture va bien plus loin. Il faut savoir décoder et reproduire les sons et les mots, mais également comprendre et reproduire ce qui a été lu. Pour dire d’un élève qu’il sait lire, qu’il est un bon lecteur, il faut qu’il soit capable de décoder, d’interpréter, d’intégrer, de reconstruire oralement ou par écrit le texte qui vient d’être lu.

La lecture est un mécanisme complexe et il ne faut pas se limiter à en détailler un seul aspect. En
effet, cet apprentissage s’effectue selon trois axes : le cerveau, la pensée, le langage. Le premier, le cerveau, permet à l’apprenant de décoder le message. À ce niveau, les conclusions de Mme Vandersmissen rejoignent les thèses du professeur Piet Van de Craen. Ce dernier affirme en effet que les langues comme le français et l’anglais sont plus difficiles à décoder que le néerlandais ou l’espagnol. Il explique qu’en néerlandais, il y a moins de différences entre ce qui est entendu et ce qui est écrit. Le son « o » s’écrira toujours « o » en néerlandais, alors qu’en français, il peut également s’écrire « au » ou « eau ».

Tout enfant peut donc décoder des symboles simples et les reproduire d’une manière systématique. En français, cette opération s’avère plus difficile car il faut associer des lettres pour former des phonèmes qui s’écrivent différemment alors qu’ils se prononcent d’une manière identique. Par exemple, le son « fe » peut s’écrire f ou ph comme dans « phare » ou « phoque ». Le son « gne » s’écrit gn dans « mignon » ou ni dans « niais ».

Chacun d’entre nous se souvient des leçons de vocabulaire où il fallait trouver des homonymes, c’est-à-dire des mots qui se prononcent de la même manière mais qui s’écrivent différemment et qui ont un sens différent. Je prends un exemple au hasard : sot, saut, seau, sceau. C’est là une autre complexité dans l’apprentissage d’une langue.

Ces cas parmi d’autres sont une des preuves que l’apprentissage de la lecture dans la langue maternelle n’est pas non plus dépourvue de sens, bien qu’il soit parfois plus facile dans la langue cible au début.

Un bon lecteur n’est pas celui qui sait dire tout haut ce qu’il lit mais bien celui qui en comprend la signification. Les universités se plaignent que certains étudiants ne maîtrisent pas suffisamment finement leur langue maternelle.

L’axe de la pensée entre aussi en jeu. Si l’élève ne comprend pas la différence de signification des homonymes, comment pourrait-il écrire un mot correctement dans son contexte ? La maîtrise orale de la langue maternelle donne alors un moyen supplémentaire à l’apprenant pour surmonter la difficulté. La langue maternelle peut également faciliter la communication entre l’enseignant et l’apprenant puisqu’ils ont le même code oral.

Les pédagogues sont unanimes à constater qu’un élève qui maîtrise bien sa langue maternelle apprend plus facilement d’autres langues. Par ailleurs, un élève qui possède un bagage lexical riche lit et écrit plus aisément que celui dont le vocabulaire est limité. La stimulation du cerveau, par la langue maternelle, par l’oral, par l’écrit ou par une autre langue, est également importante.

Il n’est pas simple de s’y retrouver parmi les différentes thèses. Je fais donc confiance aux équipes éducatives quant au choix de la méthode utilisée pour l’apprentissage de la lecture. Je ne pense pas qu’une méthode soit particulièrement privilégiée. Certains enseignants adaptent la méthode aux besoins des élèves. Nous devons rendre hommage aux équipes pédagogiques qui ont à cœur de mener leurs élèves le plus loin possible. J’imagine que votre propos ne visait pas à faire commencer l’apprentissage de la lecture en néerlandais partout en Communauté française. Je n’ose penser aux conséquences que cela pourrait avoir ! Il était cependant intéressant de pouvoir comparer les options.

L’apprentissage de la lecture ne se limite pas à des définitions linéaires ou à des expériences isolées. Monsieur Crucke, l’étude que vous mentionnez porte sur un nombre assez réduit d’enfants puisqu’il s’agit d’une classe. Les conclusions sont intéressantes mais l’échantillonnage est un peu restreint.

L’inspection s’est penchée sur l’immersion. Sur les 3 078 implantations que compte la Communauté française, 152 pratiquent l’apprentissage en immersion. L’inspection ne les a pas toutes visitées. Elle en a ciblé un certain nombre, comme elle le fait pour d’autres matières, que ce soit les mathématiques, les sciences ou le français. Elle a constaté qu’environ quarante-cinq pour cent des écoles abordent l’apprentissage de la lecture en première année dans la langue ciblée. Les avis sont donc partagés : c’est presque moitié-moitié, moitié pour l’apprentissage immédiat dans la langue ciblée, moitié pour l’apprentissage en français et immersion par ailleurs.

Nous sommes au cœur de la liberté de choix pédagogique du pouvoir organisateur. L’adhésion de l’équipe éducative chargée d’assurer la continuité à travers tous les cycles est évidemment indispensable pour que les objectifs soient atteints. Ce choix pédagogique est d’ailleurs prévu par le décret du 11 mai 2007. Un comité d’accompagnement est chargé de la mise en place et du suivi du projet d’immersion. Il peut évidemment en débattre et choisir toute méthode lui paraissant la plus appropriée.

M. Jean-Luc Crucke (MR). – Je remercie sincèrement la ministre pour sa réponse.
Le professeur Piet Van De Craen n’est pas le seul à défendre cette théorie, même s’il ne faut pas généraliser. Je retiens qu’il est possible de stimuler le cerveau, quelle que soit la pédagogie retenue, ce qui a nécessairement un impact positif sur le potentiel intrinsèque de l’enfant. Or un des buts de l’enseignement est précisément d’aider l’enfant à sortir de sa coquille pour le mener le plus loin possible.
Il est scientifiquement prouvé que l’apprentissage d’une langue est d’autant plus facile qu’il est précoce. Cependant, les professeurs Vandersmissen, Braun et Van De Craen sont d’avis que les enfants ayant acquis une certaine maturité sont capables d’effectuer plus rapidement le transfert vers leur langue maternelle. Il s’agit d’un élément dont il faut tenir compte. En tout cas, le débat est ouvert. Il revient à la ministre de suivre son évolution sur le plan scientifique.

Brèves

Mis en ligne le 24/04/2008 La Libre Belgique

Enseignement

L'immersion ne nuit pas à la langue maternelle

Le développement de la langue maternelle (ici, le français) ne semble pas perturbé par l'apprentissage d'une seconde langue dans un contexte d'immersion, selon une recherche menée durant six ans par le Laboratoire "Cognition, Langage et Développement" de l'Université libre de Bruxelles et soutenue par la Communauté française.

Les résultats des chercheurs montrent que le niveau de maîtrise du français oral et écrit des groupes en immersion est comparable à celui des élèves francophones unilingues.

En ce qui concerne l'acquisition de la langue seconde (dans ce cas-ci le néerlandais), les chercheurs montrent que les enfants du groupe d'immersion ayant été exposés davantage au néerlandais en début d'apprentissage et ayant débuté la lecture dans cette langue atteignent une meilleure maîtrise orale et écrite du néerlandais et développent même un niveau de lecture en néerlandais proche de celui des néerlandophones. (Belga)

Langage

Pas de contrindication à l'immersion

Belga

Mis en ligne le 23/04/2008

Les résultats des chercheurs montrent que le niveau de maîtrise du français oral et écrit des groupes en immersion est comparable à celui des élèves francophones unilingues.

Le développement de la langue maternelle (dans le cas présent, le français) ne semble pas perturbé par l'apprentissage d'une langue seconde dans un contexte d'immersion, selon une recherche menée durant six ans par le Laboratoire "Cognition, Langage et Développement" de l'Université Libre de Bruxelles et soutenue par la Communauté française de Belgique. Les résultats des chercheurs montrent que le niveau de maîtrise du français oral et écrit des groupes en immersion est comparable à celui des élèves francophones unilingues.

En ce qui concerne l'acquisition de la langue seconde (dans ce cas-ci le néerlandais), les chercheurs montrent que les enfants du groupe d'immersion ayant été exposé davantage au néerlandais en début d'apprentissage et ayant débuté la lecture dans cette langue atteignent une meilleure maîtrise orale et écrite du néerlandais et développent même un niveau de lecture en néerlandais proche de celui des néerlandophones.

Les chercheurs ont suivi durant six ans le parcours de quelque 120 enfants de huit écoles primaires. Deux groupes d'enfants francophones, soit une soixantaine, étaient scolarisés dans un programme d'immersion partielle en néerlandais. La moitié de ces enfants participait à un type de programme d'immersion dont la proportion de cours dispensés en néerlandais dans le premier cycle était de 50%, et dans lequel l'apprentissage de l'écrit se déroulait d'abord dans la langue maternelle, puis à la fin de la deuxième primaire dans la langue seconde.

L'autre moitié des enfants participait à un autre type de programme, dont 75% des cours étaient dispensés en néerlandais dans le premier cycle, et dans lequel l'apprentissage de l'écrit se déroulait d'abord dans la langue seconde puis seulement à partir de la fin de la deuxième primaire dans la langue maternelle. Les performances de ces enfants ont été comparées à celles de deux groupes dits de "contrôle", l'un étant composé d'enfants unilingues francophones et l'autre d'unilingues néerlandophones, venant tous de milieux socio-économiques semblables.

Les résultats des chercheurs indiquent que le niveau de maîtrise du français oral et écrit est équivalent dans les deux groupes en immersion et comparable à celui des unilingues francophones. Ce constat peut être fait tant pour les épreuves de compréhension à l'audition, de lecture et d'expression écrite que pour les épreuves évaluant les connaissances grammaticales et syntaxiques en français.

En ce qui concerne l'acquisition de la langue seconde (le néerlandais), il est apparu que les enfants du groupe d'immersion ayant été exposé davantage au néerlandais en début d'apprentissage (dont la proportion de cours en néerlandais atteignait 75%) et ayant débuté la lecture dans cette langue atteignent une meilleure maîtrise orale et écrite du néerlandais que ceux de l'autre groupe d'immersion. Leur niveau de lecture en néerlandais est par ailleurs proche de celui des unilingues néerlandophones.

Un retard des deux groupes d'immersion a été observé tant en début qu'en fin de parcours scolaire par rapport au groupe de monolingues néerlandophones dans les épreuves de compréhension orale et écrite, d'expression écrite et dans celles évaluant les connaissances syntaxiques et grammaticales. Les enfants du groupe d'immersion ayant été exposé davantage au néerlandais en début d'apprentissage obtiennent toutefois des performances plus élevées que celles de l'autre groupe d'immersion dans la plupart de ces épreuves en néerlandais.

Les auteurs de l'étude recommandent dès lors un programme d'immersion où le nombre d'heures dispensées en langue seconde est maximal en début d'apprentissage, d'autant plus qu'un apprentissage initial de la lecture en langue seconde ne nuit pas au développement de la lecture en langue maternelle.

"Nous ne sommes pas surpris par ces résultats, car ils confirment des données d'études menées dans d'autres pays, comme le Canada. La crainte de parents de voir leur enfant moins avancer dans leur langue maternelle que ses pairs monolingues n'est visiblement pas fondée", a réagi l'un des auteurs de cette recherche, Philippe Mousty. Il précise que cette étude ne vaut que pour l'immersion de francophones en néerlandais. Il souhaiterait pouvoir mener une recherche similaire sur l'immersion en anglais.

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L’immersion linguistique ne nuit pas aux enfants

o                        Publié le Mercredi 23 avril 2008 dans INTERNET, page 0.

o                        Publié le Mercredi 23 avril 2008 dans Soir en Ligne.

532 mots dans cet article
Auteurs: SOUMOIS,FREDERIC

Pédagogie L’ULB a comparé 4 groupes d’enfants

Une étude menée sur six ans par l’ULB prouve qu’apprendre à lire en flamand n’empêche pas de bien maîtriser le français.

L’immersion linguistique, c’est-à-dire proposer une partie de l’enseignement dans une langue différente de la langue première (ou maternelle) afin d’acquérir une maîtrise plus approfondie de cette langue seconde, a toujours fait débat sur le danger potentiel d’affecter la maîtrise de la langue première.

Pour simplifier, certains suspectent cette méthode d’entraîner tout ou partie des enfants vers un bilinguisme imparfait, sans maîtrise d’aucune langue.

Différentes études ont conclu en sens divers. C’est dire l’intérêt de l’étude menée, pendant six ans par Katia Lecocq, du labo « Cognition, langage et développement » de l’Université libre de Bruxelles. D’abord par la durée de l’observation, qui a évalué les résultats des enfants entre le début de l’apprentissage et à douze ans. Ensuite par les comparaisons, menées sur quatre groupes différents : deux d’enfants francophones scolarisés en immersion partielle précoce en néerlandais, dont l’un débutait l’apprentissage de l’écrit dans la langue maternelle et l’autre dans la langue seconde ainsi que deux groupes monolingues (francophones et néerlandophones).

Temps de lecture plus élevés

Conclusion majeure de la chercheuse ? On peut être rassuré : « Dès la troisième primaire, les enfants du groupe d’immersion ayant débuté la lecture en néerlandais lisaient en français aussi bien que les monolingues francophones et que l’autre groupe d’immersion, bien qu’ils présentassent des temps de lecture légèrement plus élevés. Leurs stratégies de lecture en français apparaissaient tout à fait similaires à celles des deux autres groupes francophones et on n’observait pas davantage de difficultés chez les enfants de ce groupe à lire les mots irréguliers du français. De plus, la comparaison des performances en 3e et en 6e primaire a mis en évidence qu’il présentait des performances relativement similaires en français et en néerlandais et comparables à celles de monolingues francophones et néerlandophones. »

La complexité des tests employés par la chercheuse, distinguant par exemple l’apprentissage syntaxique de l’établissement progressif de l’assemblage entre graphèmes (écrits) et phonèmes (sons) permet toutefois de montrer que les enfants apprenant à lire d’abord en français ou en néerlandais ne vont emprunter ni les mêmes chemins ni les mêmes rythmes pour aboutir aux mêmes compétences. Le « zapping » des méthodes pourrait alors être déconseillé. Il montre aussi que cette « innocuité » de l’immersion, si elle est valable pour le français langue première et le néerlandais langue seconde, ne serait pas universelle, mais serait limitée aux cas où la langue seconde présente un système orthographique transparent. Du néerlandais vers le français ou de l’hébreu vers l’anglais. Mais pas de l’anglais vers le français, par exemple. Recommandation ? « Un programme d’immersion où le nombre d’heures dispensées en langue seconde est important en début d’apprentissage (75 % de la plage horaire), où l’apprentissage de l’écrit est dispensé de façon formelle dans les deux langues et débute dans la langue seconde ».

 

 

 

L’immersion linguistique ne nuit pas aux enfants

o                        Publié le Mercredi 23 avril 2008 dans INTERNET, page 0.

o                        Publié le Mercredi 23 avril 2008 dans Soir en Ligne.

146 mots dans cet article
Auteurs: n.c.

Le développement de la langue maternelle ne semble pas perturbé par l’apprentissage d’une seconde langue dans un contexte d’immersion, selon une recherche menée durant six ans par le Laboratoire « Cognition, Langage et Développement » de l’Université Libre de Bruxelles et soutenue par la Communauté française de Belgique. Les résultats des chercheurs montrent que le niveau de maîtrise du français oral et écrit des groupes en immersion est comparable à celui des élèves francophones unilingues. En ce qui concerne l’acquisition de la langue seconde, les chercheurs montrent que les enfants du groupe d’immersion ayant été exposés davantage au néerlandais en début d’apprentissage et ayant débuté la lecture dans cette langue atteignent une meilleure maîtrise orale et écrite du néerlandais et développent même un niveau de lecture en néerlandais proche de celui des néerlandophones.